Les dessous de Madame

DVCam, 14min, Arrimage, France
un film de : Dounia Georgeon, Dominique Simonneau, Velan Taniga et Julie Micheau
intervenants : Ingrid Vido, Nicolas Contant

Synopsis : Seules trois stations du métro parisien portent le nom de femmes célèbres. Nous nous interrogeons sur la place du nom des femmes. Au-delà de la loi, qui maintient le nom de naissance comme seul nom des femmes après leur mariage, l’usage bien ancré dans la tradition française est de porter le nom de l’époux. Certaines revendiquent le maintien de leur nom de naissance, d’autres au contraire conservent le nom de leur époux même après un divorce. De rencontres en témoignages, nous laissons la parole souvent souriante et légère, aux femmes et aux hommes d’aujourd’hui.

Dans notre culture française, il est de tradition encore aujourd’hui que les femmes prennent le nom de leur mari. Ce changement de nom n’est pourtant pas régi par la loi puisque la femme garde officiellement son nom de naissance, le nom du mari n’étant qu’un nom d’usage. Cette convention sociale banale semble farouchement ancrée dans nos comportements, transmis de génération en génération sans que les revendications féministes depuis le XIXème siècle n’aient modifié cette tradition.

Quelle symbolique se cache derrière ce changement de nom de la nouvelle épouse ? L’adoption du nom de l’époux qui remplace celui du père est-elle une forme d’effacement de la femme ? L’adoption du nom de l’époux a un impact sur la vie de la femme et du couple, sur leur position relative dans notre société. Peut-être est-ce symptomatique de la place de la femme dans notre société qui pourtant revendique l’égalité des genres. C’est ce que semble révéler la maigre place de noms de femmes dans l’espace public : une question sous forme de devinette montre l’absence criante des noms féminins dans ce lieu hautement symbolique et populaire qu’est le métro parisien. Seules trois stations portent des noms de femmes célèbres, et encore… Une abbesse qui partage sa station avec un certain Monsieur Barbès, la femme d’un couple célèbre de scientifiques ignorée jusqu’en 2007, ne trouve sa place que sous le nom de son mari Pierre Curie. Seule Louise Michel, la vierge rouge de la commune, sauve l’honneur au bout de la ligne 3.

Nos témoins partagent leur expérience personnelle, leurs choix. Mais au juste ont-ils fait des choix ou bien l’usage ancré dans la mémoire collective s’impose-il sans réflexion. Un certain flottement apparaît. On cherche ici à se libérer d’une famille éprouvante, quand là on souhaite rendre hommage au père défunt. La mairesse explique avec conviction l’importance du nom unique pour la famille. La certitude généreuse et fière de l’homme de l’ancienne génération fait écho à la femme qui garde la notoriété de son nom d’épouse. Les fiancés en pleine préparation de mariage ne savent pas trop que choisir.