le 23/10/12 à 20h30 : « AVEC LE SANG DES AUTRES »

réalisateur : Bruno Muel
56min – 1974

Une descente aux enfers. La chaîne chez Peugeot. Son direct et image simple, assourdissante image. C’est là l’essentiel de l’empire Peugeot: l’exploitation à outrance du travail humain; et en dehors, cela continue. Ville, magasins, supermarchés, bus, distractions, vacances, logement, la ville elle-même: horizon Peugeot. On parcourt le circuit, tout est ramené à la famille Peugeot.

A bien noter : nous de projèterons pas, mardi 30 octobre, dans le local habituel d’Arrimage mais au 43 rue de Wattignies, 75012 Paris. Métro : Michel Bizot, Dugommier, Daumesnil.

Ce film porte avec lui tout un pan de l’histoire du cinéma, que nous avons eu le bonheur de récupérer pour vous et que nous insérons dans son intégralité ci dessous.

Qui était Medvedkine ?

« Alexandre Medvedkine (1900-1989), cinéaste soviétique, est l’inventeur du «ciné-train», unité mobile de production qui sillonna l’URSS en 1932 pour filmer ouvriers, paysans et mineurs du pays, et leur montrer sur le champ leur propre travail (montés le jour même dans le train, les films étaient projetés le lendemain) dans le but de l’améliorer et d’aider à la construction de la Russie nouvelle.
Deux ans plus tard, à partir de son expérience de la vie des campagnes, Medvedkine tourne une comédie paysanne intitulée Le Bonheur. Trente-quatre ans après, des cinéastes-ouvriers français ont l’idée de se nommer groupes Medvedkine en hommage à cette incroyable aventure du «ciné-train ».

Nous en sommes en 1967, la grande grève de la Rhodiaceta à Besançon annonce déjà mai 68. Entre occupation d’usines et revendications spectaculaires pour l’époque, un groupe de cinéastes, dont Chris Marker en tête de file, filme des militants ouvriers.
Mais ces derniers ne se reconnaissent pas à travers ce film et ne se privent pas de le dire. Chris Marker, et un certain nombre de cinéastes militants, décident de donner à ces ouvriers les moyens de prendre eux-mêmes la parole.
Chris Marker, Jean-Luc Godard et Bruno Muel et quelques autres, vont ainsi mettre du matériel à la disposition des ouvriers et les former aux techniques cinématographiques. Résultat : des films forts, des pamphlets parfois violents, souvent brillants et émouvants, réalisés entre 1967 et 1973 sous l’égide de l’infatigable et génial Pol Cèbe (ouvrier et bibliothécaire du CE).